COPIE
Monsieur le Premier Ministre Hôtel de Matignon 57 rue de Varenne 75700 PARIS.
Valence le 4 Février 2009.
DEMUTUALISATION DU CREDIT MUTUEL UN POINT IMMEDIAT DE CROISSANCE EN PLUS RELANCE DE LA CONSOMMATION SANS IMPASSE BUDGETAIRE.
Monsieur le Premier Ministre,
J'ai reçu ce courrier, joint, du Chef de Cabinet du Président de la République, ainsi que celui, également joint, du Chef de Cabinet de Madame Christine LAGARDE. Mes tentatives d'un entretien téléphonique avec l'un ou l'autre sont parfaitement verrouillées par le secrétariat de chacun de ces cabinets, et je tente un dernier recours auprès de vous si, par impossible, vous lisiez mon courrier. D'un mot, l'on pourrait dire plus ça va, moins ça va ! Plus sérieusement, pourquoi notre économie se dérègle-t-elle d'autant plus violemment que s'améliore avec la progrès technique l'efficacité de l'outil de production? Et pourquoi la conséquence de ce progrès est inexorablement la course à la concentration des outils de production et le saccage des emplois ? Peut-être les enfants de mes enfants répondront-t-ils, avec le recul que leur donnera l'histoire, à ces questions paradoxales. Mais nous avons vécu depuis la crise de 1873 suffisamment de catastrophes sociales pour déjà comprendre ce qui suit.
Le marxisme et le capitalisme sont morts, successivement, l'un et l'autre.
Ayons aujourd'hui le courage de comprendre que l'énorme dépression qui vient de nous surprendre en 2008 nous oblige à des mesures politiques qu'il est impossible de rechercher dans la panoplie habituelle des mesures de relance économique.
Les petits actionnaires ainsi que les sociétaires des groupes coopératifs et mutualistes ne doivent plus être tenus à l'écart par les dirigeants, et spoliés par des concentrations successives, qui ne les servent d'ailleurs nullement en tant que clients de ces entreprises. Ces réorganisations capitalistiques ne favorisent que le népotisme de certains dirigeants, qui ont pris, avec le pouvoir, l'habitude de s'octroyer des bonus ou plans de retraite sans relation avec une quelconque prise de risque (professionnel ou capitaliste).
Les petits actionnaires sont déjà organisés, et ils possèdent un arsenal juridique leur permettant de poursuivre leur combat. Je les y encourage, car c'est eux, avec les Pouvoirs Publics, qui font les frais des égarements des demi-dieux qui dirigent nos entreprises privées. Aujourd'hui l'on crie haro sur le monde bancaire, et des fonds publics énormes sont engloutis pour tenter de revenir à une situation présentable de l'activité économique et du chômage. Ces " crédits " vont encore appauvrir les générations futures occidentales et différer la redistribution vers les pays en voie de développement. Or le même type de panne de notre économie s'est souvent produit, et de la même manière, mais en moins fort. Nous ne pouvons pas continuer à relancer l'économie après chaque avatar important en hypothéquant à nouveau l'avenir. Alors voici le moyen d'accompagner cette relance, sans la vivre à crédit, en favorisant la réforme suivante que j'appelle de mes vœux et qui redonnera espoir aux petits actionnaires et aux sociétaires floués, les uns de leur capital, les autres de leurs droits à voter, diriger et sanctionner.
Ma proposition d'un projet de loi de DEMUTUALISATION DU CREDIT MUTUEL générera vingt six milliards distribués à des citoyens modestes, prélevés sur personne, et destinés à la relance de la consommation. Je voudrais préciser que le geste des politiques qui voteraient dans un sens favorable pourrait s'assimiler aux efforts des grands coopérateurs et mutualistes de la fin du dix neuvième siècle, tels LA ROCHEFOUCAULD-LIANCOURT et Benjamin DELESSERT. C'est la dérive, après un siècle, de leur système génial qui l'a conduit à le faire entrer dans un système capitaliste encore plus dur et plus injuste : le même pouvoir mais sans les risques en capital. Je ne doute pas un instant de voir Messieurs Etienne PFLIMLIN et Michel LUCAS, hommes d'honneur, s'associer à cette démutualisation lorsque l'ordre leur en sera donné par les pouvoirs publics. (voir pièce jointe)
Je souligne également l'intérêt, pour une première opération de ce type qui pourrait se renouveler avec d'autres mutuelles, de procéder à la cotation du titre nouveau New Crédit Mutuel en période de bourse basse. En effet, les sociétaires qui recevront un titre, en vertu de l'adage " à cheval donné on ne regarde pas la dent ", pourront en tirer un profit inespéré qu'ils pourront recycler en désendettement ou par des dépenses de consommation. C'est tout l'intérêt de cette relance, car les Pouvoirs Publics ont fort bien fait de procéder à une relance de l'investissement :c'est le gage du futur. Mais les effets seront longs à venir, et il est urgent et indispensable de doubler cette action d'une relance de la consommation, car le chômage explose. Il redevient insupportable.
Monsieur le Premier Ministre, si vous avez été suffisamment patient pour en arriver à ce point de mon courrier, je vous en prie : faites moi convoquer par vos équipes pour un examen de mon projet de loi ci-joint. Je n'ai qu'une ambition, c'est de pouvoir discuter sérieusement avec l'équipe en place, celle que les élections ont désignée pour conduire le pays. Et je n'ai qu'une crainte, celle d'une pagaille si, également rejeté par votre Ministère, vous me conduisez à une action directe auprès des sociétaires du Crédit Mutuel. Mais ma voie est " juste " et désintéressée, et je ne m'en détournerai pas. Je n'ai, à ce jour, jamais milité dans aucun parti politique. Leurs adhérents manquent en effet d'imagination, puisque leurs pensées et leurs actes sont canalisés par une doctrine. A soixante ans passés, et dans mon domaine, l'assurance, j'estime avoir fait toutes les expériences possibles aussi bien à l'Université que sur le terrain, tant en France qu'à l'étranger, et par parts égales comme cadre salarié de grandes et petites compagnies, et comme fondateur avec deux autres camarades d'une véritable société d'assurance. Mais je suis d'autant plus passionné aujourd'hui que je n'ai plus la même nécessité de me battre pour quelques Euros de plus…
Je vous prie de croire, Monsieur le Premier Ministre, en l'expression de mes sentiments respectueux.
Bernard VIBOUD |